Projet de PLU2 (de la MEL) : avis et propositions (à Saint-André)

Augmentons la qualité de vie à Saint-André !

mardi 10 avril 2018
Le Collectif — tous acteurs de notre ville

Le projet de Plan Local d’Urbanisme est un processus long et complexe qui laisse peu de place aux contributions citoyennes. L’association “Le Collectif-tous acteurs de notre ville” formule ici une série d’ajustements et une réserve sur le projet présenté au Conseil Municipal du 12 avril 2018.

Plan de PLU2 annoté. Également disponible en PDF pour téléchargement

D’abord sur la forme : la procédure

  • Processus long et complexe, après celui du Scot et avant le PDU (plan de déplacement urbain) et le PLH (programme local de l’habitat) : la pédagogie manque pour permettre aux citoyens de suivre l’évolution de ces démarches.
  • Cette étape fait suite à une phase de concertation et à l’arrêt du PLU2 par la MEL
  • Lors de cette concertation, des efforts ont été effectués par la MEL pour permettre la participation du public : outil Carticipe, cartographie participative  jecarticipe.lillemetropole.fr/
  • Organisation d’un café citoyen pour accompagner les habitants à déposer des avis sur Carticipe (mardi 28 mars 2017)
  • Une 60aine de propositions sur notre commune, jusqu’à 43 votes sur les avis.
  • Hormis les projets déjà engagés (comme les berges de la Deûle), peu, voire aucune proposition de Carticipe se retrouve dans le projet (notamment les cheminements ou les espaces verts à protéger)
  • Encore une fois, on peut déplorer la lourdeur, la complexité et l’opacité de ces procédures d’urbanisme, et le manque de méthodes pour co-construire réellement avec les habitants l’avenir de leur territoire.

Ensuite sur le fond, 3 points

1. la qualité urbaine et les espaces verts

  • Quelle est la situation ? M.Henno parlait de 15 m2/hab. C’est exact si on totalise tous les espaces verts de la commune où il existe une “protection environnementale”.
  • Si on comptabilise les espaces verts et parcs publics et ouvert au public, on tombe aujourd’hui à moins de 6 m2/habitants (moins de 9 m² si on inclut le parc du monastère dans les espaces accessibles)
    • parmi les espaces non accessibles au public : Butte paysagère, parc Dalkia, EPSM, résidence St Andrew à l’angle Vino-Leclerc…
    • par rapport à l’ancien PLU (2004), des secteurs de parc ont disparu : Dormagen, Parc du Belvédère, avenue Tassigny (2), Restaurant salon de l’atlas (Rhodia).
    • certains parcs apparaissent ou vont apparaître (à Sainte-Hélène et Rhodia), mais leur taille est insuffisante par rapport au nombre d’habitants des nouveaux quartiers : la moyenne d’espace vert par habitant diminue à Saint-André, à chaque nouveau projet urbain !
    • la “règle” que nous demandons d’adopter, c’est d’inclure dans chaque nouveau projet au moins 15 m² d’espaces verts par nouvel habitant.
  • Nécessaire d’affirmer une plus grande qualité urbaine maintenant ! En cours de validité, un PLU se modifie pour ouvrir de nouveaux terrains à l’urbanisation, rarement pour créer de nouvelles protections environnementales. Si on ne crée pas de protection environnementale maintenant, le risque de voir l’urbanisation prendre les derniers espaces verts est très grand. En plus une question d’équité : chaque quartier doit avoir accès à la nature. Voici une liste d’espaces à reclasser et à protéger :
    • Quartier du corbeau : affirmer le caractère agricole [1 sur le plan annoté]
    • Parc Dalkia : Classer la parcelle en “UP” et renforcer la protection environnementale “secteur paysager et arboré à préserver” [2]
    • Ulysse Trélat (projet n’étant pas concerné par une OAP, manque de garde-fou ?) : Ajouter une protection environnementale « espace boisé classé » [3]
    • Quartier Gare : Classer en “UP” l’espace entre les voies ferrées et inscrire en “square et parc” : d’autant plus que le tracé du tram-train doit passer par cette parcelle ! [4]
    • Angle Résistance/Leclerc : Classer en “UP” et inscrire en “square et parc” [5]
    • Restaurant Rhodia : reclasser en “UP” et inscrire en “square et parc” + créer un grand parc avec Marquette le long de la Deûle, en cohérence avec les continuités écologiques ; réfléchir avec Marquette à l’implantation d’un équipement de loisir métropolitain dédié à l’enfance (Un exemple « Le vaisseau » à Strasbourg : voir sur  levaisseau.com/, dossier de presse pour un aperçu). [6]
  • L’objectif est d’augmenter la qualité de vie par la connexion aux espaces naturels, agricoles ou de parcs pour tous les quartiers :
    • Au Nord-Ouest, avec le secteur agricole des Muchaux ;
    • A l’Ouest avec l’accès au parc Dalkia
    • Au centre, connexion parc CCAS/école de Musique vers les nouveaux espaces verts aux Portes de l’Abbaye et à Sainte-Hélène
    • A l’Est, le parc de l’ancienne ZAC Rhodia avec Marquette [7 sur le plan annoté]
    • Au Sud, le lien vers la Citadelle de Lille

2. les cheminements et les liens entre les quartiers

  • Saint-André est une commune marquée par les coupures urbaines (Deûle, routes, voies ferrées…) ; il est souvent difficile d’aller d’un quartier à l’autre à pied, en vélo… et parfois impossible en fauteuil roulant ou avec une poussette !
  • L’enjeu des cheminements accessibles est insuffisamment traduit dans le zonage
  • Pourtant, des idées avaient été proposées, notamment :
    • Cheminement piéton-vélo de la piscine à la zone commerciale des Portes de Saint-André [8 sur le plan annoté]
  • D’autres liaisons peuvent être envisagées comme à travers la réserve foncière le long de l’emprise du TGV pour accéder aux espaces verts [9].
  • Très stratégique d’envisager l’avenir de Sainte-Hélène à travers une liaison accessible qui permet de relier facilement le centre de la commune : l’implantation d’une passerelle  peut s’envisager en prolongement de la rue Albert Garin (ou d’un passage souterrain en prolongement de la rue de Lille) ; l’espace de l’autre côté des voies ferrées (actuellement occupé par un lave-auto) est stratégique car il s’ouvre vers les principales centralités de la commune. Le PLU pourrait créer un emplacement réservé sur cet espace, par exemple sous forme de “périmètre d’attente d’un projet d’aménagement global”, PAPAG. [10 sur le plan annoté]
  • D’autres passerelles peuvent être anticipées : notamment celle entre le projet Caby et le secteur cœur de Deûle (à prolonger vers le secteur des gares Euralille) ; un projet évoqué dans le dossier de concertation Caby mais pas inscrit dans le projet de PLU [11]. Pour réduire les coûts, cette passerelle pourrait être adossée au viaduc TGV.

3. la cohérence des projets urbains avec les villes voisines

  • Les limites des communes étant particulièrement étroites, il est impossible de porter un regard cohérent sur l’urbanisme en s’interdisant d’évoquer les projets dans le voisinage direct de Saint-André ;
  • Par exemple, une inquiétude provient, par exemple, de l’absence de prise en compte du tracé du tram-train sur l’intégralité des communes (emplacement réservé manquant sur St-André, pas de précision à Lille…)… ce qui laisse peu de doute sur la faible priorité de ce projet pour la MEL.
  • Trois axes vers des projets urbains des communes voisines ne doivent pas être minimisés, dans les opportunités qu’ils offrent ou dans les risques qu’ils font peser sur la qualité de vie à Saint-André
    • opportunité, avec l’axe entre Saint-André et les gares de Lille : des projets à La Madeleine (Sililam) ou à Lille (nouveau Palais de Justice) vont faire changer ce corridor entre la Deûle et Euralille : il faut affirmer une connexion à cet axe fort qu’il faut surtout valoriser comme continuité écologique
    • opportunité, avec le projet des Moulins à Marquette : le zonage actuel est incohérent (la commune de Saint-André enferme un secteur de parc par une zone d’activité) : il faut tenir compte des continuités écologiques. Nous proposons de tenir un conseil municipal commun avec Marquette pour partager les enjeux de ce secteur (ex ZAC Rhodia)
    • risque, avec le projet des Muchaux (voir ci-dessous)

Les Muchaux, un projet qui ne respecte rien… même pas la seule condition du maire de Saint-André !

Monsieur Olivier Henno, comme maire de la commune de Saint-André, avait émis une seule condition lors de l’enquête publique du quartier des Muchaux. Il affirmait, dans un courrier remis au Commissaire Enquêteur le 10 juin 2016 (courrier ci-joint) : “absolument nécessaire de créer une sortie sur Verlinghem, rue de Lambersart, afin de répartir le trafic sur les deux communes (…) Il est donc indispensable que les éléments précis viennent compléter le dossier, notamment un plan et une date de réalisation de cette future voie”.

Or, cette voirie n’apparaît pas dans le zonage du PLU2 arrêté par la MEL. Cette sortie sur Verlinghem n’est même pas évoquée dans l’OAP des Muchaux. Dans l’article 2.5 “Voirie et accès”, le document indique : “le site est desservi par l’avenue de Lattre de Tassigny” et plus loin : “Création de deux nouveaux accès, un à partir du giratoire de la Rocade Nord-Ouest et l’autre depuis l’avenue de Lattre de Tassigny”. En d’autres termes, les deux accès prévus se branchent sur l’avenue andrésienne et donc tout le trafic automobile impactera notre commune de Saint-André. (Rappelons aussi que le trafic sera également augmenté par les dessertes des logements d’Ulysse Trélat).

S’il y a bien d’autres aspects sur lesquels ce projet nous apparaît condamnable (pour plus d’informations : le-collectif.org/2018/01/2018-avenir-muchaux/), le choix de Lambersart de ne pas répondre à la seule condition de l’ancien maire de Saint-André est édifiant, et il faut en mesurer toute la portée.

Le conseil municipal devra prendre une décision le 12 avril :

  • émettre un simple “ajustement” au PLU2 qui ne permettra pas d’obtenir un engagement à respecter la parole politique de Monsieur Henno et qui continuera d’attiser la contestation locale, notamment des riverains de l’avenue de Lattre de Tassigny (déjà inquiets par le projet Ulysse Trélat). Comment peut-on croire que l’ex-maire de Lambersart, VP de l’aménagement de la MEL, chargé du Scot, chargé du PLU aurait “oublié” la seule condition du maire de Saint-André ? Si cette condition n’apparaît pas, c’est que Lambersart ou Verlinghem n’en veut pas. Donc un ajustement ne servira à rien ; un simple “ajustement” quelque soit son contenu indique une préférence pas une condition sine qua none.
  • émettre une “réserve” pour obliger la MEL (et Lambersart) à revoir leur copie et donc faire respecter la parole politique de Saint-André dans ce projet. La réserve est le seul moyen de réaffirmer que ce projet ne peut pas se faire sans une desserte côté rue de Lambersart à Verlinghem.

En effet, le conseil municipal de Saint-André peut émettre une réserve forte sur le projet en bloquant le nouveau zonage sur les parcelles qui concerne la commune (l’une classée AUCA au niveau du giratoire, l’autre AUCM) et en demandant un reclassement en zone agricole.


Le plan PLU2 de Saint-André annoté des [1] à [11] au format PDF