Grande mobilisation le 1er décembre 2018 “Pour un autre avenir aux Muchaux”

Environ 130 personnes ont participé au double rassemblement organisé par trois collectifs citoyens. Après trois ans de mobilisation, ce temps fort démontre la détermination des citoyens, associations, agriculteurs et des politiques (de tous bords désormais) à refuser le projet des Muchaux inscrit dans le PLU2.

Rassemblement à l’initiative de 3 collectifs citoyens

  • Collectif Muchaux, Tanguy Dumez
  • Collectif Tous acteurs de notre ville > Cyprien Richer
  • Collectif Ensemble pour le climat en Hauts-de-France > Luc Mowat, référent Saint-André

Les 3 collectifs citoyens “trans-partisans” caractérisent 3 angles de mobilisations complémentaires sur le sujet

  • la question des impacts sur le cadre de vie, la circulation, Collectif Muchaux
  • la question démocratique avec l’implication des citoyens, Collectif Tous acteurs
  • la question climatique et l’enjeu de la réduction des gaz à effets de serre, Collectif Climat

Au-delà des 3 collectifs à l’initiative, étaient présents pour soutenir la mobilisation

  • Mme Élisabeth MASSE, maire de Saint-André, des adjointes et adjoints, Pascale LAHOUSTE, Claude WASILKOWSKI, Daniel BOUCAUT, Martine DEMUYS, conseiller délégué, Nicolas LE NEINDRE, et membres et ex-membres de la majorité
  • des élus du conseil municipal hors majorité, Patrice CAPELLE – Front de Gauche, Loïc LEBEZ – Tous acteurs de notre ville, Philippe VANHERSECKE – EELV
  • Yvon COUSIN, conseiller métropolitain de Lambersart et des conseillers municipaux de Lambersart, Marie-Françoise DELESALLE et des colistiers
  • colistiers de la liste menée par Nicolas BOUCHE – Lambersart Ensemble
  • Jacques DAEMS, de la liste « Lambersart pour Tous »
  • Stéphane BALY, conseiller métropolitain de Lille – EELV
  • le groupe local de La France Insoumise
  • des militants du Parti Communiste Français
  • des militants de La République en Marche
  • Éric DARQUES, militant anticorruption
  • Olivier FAGOO du syndicat agricole, et des agriculteurs
  • le Collectif Laisse Béton STOP Saint-André
  • Christopher LIENARD, président de la MRES, Maison régionale environnement et solidarité, et des membres d’associations de défense de l’environnement
  • des cavalières des écuries des Muchots
  • des habitants de Lambersart, Saint-André, Verlinghem, Lille, Marcq-en-Baroeul…

Entre 10h et 10h30, 81 signatures ont été recueillies en mairie de Saint-André pour accompagner le versement d’un dossier de 2800 pages à l’enquête publique. Il y avait un nombre équivalent de personnes sous la pluie aux Muchaux à 11h30. Une trentaine de personnes ont participé aux deux rassemblements, ce sont donc 130 personnes qui se sont mobilisées au cours de la matinée.

Prise de parole

Prise de parole en mairie de Saint-André-lez-Lille (Cyprien Richer et Tanguy Dumez) en présence du président de la commission d’enquête du PLU2 en plus des deux commissaires-enquêteurs responsables du secteur et de Madame le maire de Saint-André.

Rappel du projet

Le projet des Muchaux, c’est d’abord un projet de la MEL, Métropole européenne de Lille, situé essentiellement à Lambersart, et Saint-André. Précisément : 41,38ha à Lambersart et 5,87ha à Saint-André soit 47,25ha de terres agricoles rendues constructibles dans ce PLU2. L’OAP, Orientation d’aménagement et de programmation, des Muchaux prévoit 400 logements, une zone d’activité et un secteur de permaculture. Le “Plan local d’urbanisme” appelé PLU2 dans la métropole, est un document incontournable qui précise dans le détail en zone où l’on peut construire ou non. C’est un plan pour les 10 ans. On est au stade de l’enquête publique, c’est-à-dire la dernière étape.

Historique

Pour bien comprendre la situation, faisons un bref historique de 3 ans de mobilisation.

  • c’est un vieux projet, des années 90 à une époque où l’on prévoyait encore une autoroute au milieu de l’arc nord.
  • au départ, quand on a découvert le projet en 2014, on a constaté au niveau de la MEL, que des documents réglementaires s’imposent aux projets urbains, par exemple, le PDU, Plan de déplacements urbains, et le PLH, Programme local de l’habitat… peu compatibles avec la relance du projet des Muchaux. Ce projet n’avait donc forcément aucune chance d’être présenté, pensait-on ? Hé bien non, le projet est bien présenté !
  • fin 2015, une pétition se met en place, les citoyens se mobilisent fortement lors de la concertation, on aurait pu penser que ça interpelle lors du bilan de la concertation… hé bien non, puisque le bilan de la concertation a été écrit avant le début du lancement de la concertation ! (détail par exemple dans cet article de la Voix du Nord lavoixdunord.fr/archive/recup/region/lambersart-et-saint-andre-%20dossiers-des-muchaux-et-caby-ia22b49742n3324206)
  • la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers doit rendre un avis : résultat, avis négatif à l’unanimité, une décision quasiment jamais prononcée par cette commission de préservation des espaces agricoles ! On se dit “fin du projet”, la MEL dit “c’est un avis consultatif”. Bref, la MEL s’en fou !
  • on continue ? Le projet arrive en enquête publique. Le commissaire-enquêteur rend son avis : négatif ! Selon le rapport, le projet n’est pas d’intérêt général. Alors là on se dit c’est bon, les Muchaux, c’est de l’histoire ancienne.
    D’autant qu’on réfléchit à ce moment là, à un nouveau schéma de cohérence territoriale qui se veut plus ambitieux sur le plan environnemental et beaucoup plus restrictif sur la consommation des terres agricoles.
  • encore perdu, ça continue ! C’était sans compter sur la détermination du porteur du projet des Muchaux, maire de lambersart, vice-président aménagement de la MEL, porteur du SCoT et du PLU, et encore aujourd’hui aux manettes de l’agence d’urbanisme de la métropole.
  • donc avis négatif en enquête publique ou pas, on continue ! Le SCoT est subtilement corrigé ; on gomme sur les cartes les espaces agricoles à protéger (appelés hémicycles) pour ne plus faire apparaître les Muchaux. Bref, ça continue…
  • la commission d’enquête du SCoT pointe ce problème de mauvaise délimitation des espaces agricoles à protéger. Pas grave, la MEL adopte le SCoT et ça continue…
  • le projet est donc recyclé dans le Plan local d’urbanisme. Avant d’arriver en enquête publique, l’État rend un avis sans concession en insistant sur l’excès de consommation foncière dans la MEL ; c’est bien simple, on est sur le même rythme que les 10 dernières années ! L’Autorité environnementale précise qu’il y a une incompatibilité manifeste à cause du projet des Muchaux et un risque que le projet fasse exploser tout le PLU2. La commune de Saint-André vote une réserve sur le PLU2 pour une question d’accès au quartier.
  • mais retour au conseil de la MEL pour arrêter le projet en juin dernier : suspens ! Est-ce quelque chose a évolué ? Que s’est-il passé ? Rien, le projet est maintenu, validé !

Revendications

Nous voici réunis aujourd’hui pour porter 3 revendications fortes :

  1. Contester ces méthodes, la trajectoire autoritaire de la conduite de ce projet. Contester les pratiques d’une instance dénuée de démocratie qu’est la MEL ; marre que ceux qui portent ce projet n’écoutent personne, ni les citoyens, ni les garants de la parole publique, ni les autorités environnementales… L’impression qu’il n’y a plus de garde fou à la MEL  – ceci dit, il n’y en a peut-être jamais eu… si on lit les travaux de sciences politiques de Fabien Desage.
  2. Alerter sur les enjeux climatiques qui nous obligent à repenser nos actions sur la nature, pour nous et pour les générations futures ! Ce PLU2 fait l’impasse sur le contexte de la crise environnementale. Même consommation agricole que les 10 dernières années. On ne peut plus faire comme si l’on ne savait rien… le Secrétaire général ONU nous a dit que nous avions 2 ans pour réagir, on ne peut pas se permettre de perdre 10 ans de retard supplémentaire avec ce PLU2.
  3. Proposer un autre avenir. Nous ne sommes pas que “contre”, nous sommes “pour” valoriser les espaces agricoles des Muchaux. La valorisation des espaces ne passe pas que par leur destruction. L’économie territoriale, ce n’est pas que des zones d’activités construites sur des champs. La valorisation écologique, sociale, économique même… ne sont pas incompatibles. Mais il faut changer le logiciel. Se forcer à innover, sortir de sa zone de confort. Prendre exemple sur l’écopôle alimentaire de la région d’Audruicq.

La région d’Audruicq avec ses habitants ont fait un choix : celui d’abandonner la création d’une zone logistique sur une ancienne ferme et de créer cet écopôle alimentaire sur une dizaine d’hectares. Un choix qui valorise l’environnement, l’autonomie et le bien-être alimentaire et qui ne s’est pas fait au détriment de l’emploi : l’écopôle, c’est 15 salariés et 40 personnes en insertion ! Valoriser les terres agricoles, c’est aussi un projet économique durable.

Nous vous invitons à appuyer le dépôt collectif au commissaire-enquêteur en signant cet appel et soutenant le dépôt à l’enquête publique du PLU2.

“Non à un PLU2 qui porte le projet d’extension urbaine sur les terres agricoles des Muchaux”

Prise de parole d’Olivier Fagoo pour les agriculteurs du secteur.

Échanges avec le commissaire-enquêteur (de gauche à droite : Éric Darques, Tanguy Dumez, Loïc Lebez, Cyprien Richer, Luc Mowat)

Le centre équestre a aussi voulu manifester son soutien au maintien des Muchaux en espace agricole et de loisirs.

Annexes

2800 pages ont été déposées à l’enquête publique. Ce dossier représente tout ce qui a pu être dit, lu, écrit… sur les Muchaux et sur la politique d’urbanisme de la MEL et celle de la ville de Lambersart. Ces documents sont regroupés en plusieurs rapports;

Website Comments

  1. Daems
    Répondre

    La formation LAMBERSART POUR TOUS signe cet appel
    Nous soutenons le dépôt à l’enquéte publique du PLU2
    Non à un PLU2 qui ort le projet d’exte urbaine sur les terres agricoles des MUCHAUX
    JACQUES DAEMS

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